« J’ai déjà été suivie plein de fois et ça n’a pas marché !»

« Encore une thérapie, à quoi bon !»

« Ras le bol de tout réexpliquer à chaque fois que je consulte un nouveau psy »

« J’en ai marre de parler de mon passé, ça sert à rien »

« Aucun psy n’a su m’aider, pourquoi  un autre y arriverait »

«  J’ai déjà tout essayé et je fais toujours autant de crises »

« Je suis épuisée, je n’ai plus la force d’aller consulter »

« A chaque fois que je pensais être guérie j’ai rechuté »

 

          Beaucoup de personnes souffrant de TCA se retrouvent découragées. A bout de force elles hésitent à se lancer dans un (énième) accompagnement thérapeutique.  Les témoignages que je reçois régulièrement permettent de bien comprendre ce qui peut les amener à baisser les bras. Voici les raisons les plus couramment citées :

 

« Je suis motivée pourtant je n’arrive pas à résister aux crises »

Une croyance – fausse et trop répandue – amène à penser que le simple fait de décider de ne plus se gaver permettra de ne pas céder aux futures compulsions. « C’était la dernière crise », « demain pas de crise ». La réalité est toute autre et le verdict sans appel. Les crises se succèdent, et avec elles l’impression d’avoir échoué, d’être nul(le). « Bah voilà une fois encore je n’y suis pas arrivée ». Plus le cycle je résiste/je crise/je suis nulle se répète plus l’espoir de s’en sortir s’estompe.

Notez qu’il est normal de ne pas réussir à résister à une compulsion alimentaire. Chercher à lutter est vain.

 

« La sonde n’a pas marché »

Les patients ne le savent que trop rarement, mais pour faire disparaître le réflexe de gavage la sonde gastrique à elle seule ne suffit pas. Peu informés ils sont persuadés qu’une fois le dispositif retiré tout sera rentré dans l’ordre. Lorsque les crises réapparaissent ils se disent souvent que si « même ça » ça n’a pas marché alors rien ne marchera.

La sonde est un complément. Elle n’est véritablement efficace que si l’IPECE (inaptitude à Prendre En Charge ses Émotions) est traitée par ailleurs.

 

 « J’ai vu plusieurs spécialistes mais ça n’a eu aucun effet sur mes crises »

Les personnes qui se présentent à moi ont parfois consulté jusqu’à 10 professionnels différents avant de se présenter au cabinet. Dépitées, elles ont le sentiment d’avoir déjà quasiment tout essayé sans succès, et vont jusqu’à affirmer que la thérapie Active est leur « dernier espoir ».

 

« J’ai l’impression que les thérapeutes ne me comprennent  jamais vraiment »

Certains propos tenus par des professionnels sont si inappropriés que leurs patients en deviennent sceptiques, « s’ils ne me comprennent pas comment peuvent-ils m’aider ? ». On compte parmi ces propos :

« On ne peut pas dire que c’est vraiment de la boulimie»,

- « Vous savez tout le monde grignote  en période de stress»,

- « Ca n’est pas si grave, vous dramatisez »,

- « Quand la compulsion apparaît, essayez d’y résister »,

- « Essayez de pensez à autre chose ».

- « Prenez une collation pour ne pas avoir faim, ça limitera les crises »,

- «  Quand la compulsion apparaît, mangez équilibré ».

- «  Apprenez à manger équilibré »

 

 « J’en peux plus de tout réexpliquer à chaque fois »

Toute rencontre avec un nouveau spécialiste des TCA demande de se présenter, de reparler de ses difficultés, de retracer une fois encore son parcours, son histoire. C’est agaçant, éprouvant, et peut parfaitement refroidir celui ou elle qui pense à intégrer un nouveau programme thérapeutique.

 

 « J’ai trop mal vécu mon dernier suivi »

Les expériences traumatisantes qui me sont rapportées  sont multiples et diverses. Il peut s’agir d’un suivi imposé contre volonté, du fait d’avoir été coupé du monde extérieur pendant une hospitalisation, de confidences très intimes qui sont passées pour mensongères ou encore de paroles entendues en séance. Dans bien des cas le parti qui est pris est de rester en souffrance plutôt que de prendre le risque de se retrouver plus abîmées encore par un suivi.

 

 « J’ai déjà claqué beaucoup d’argent pour rien »

Pour guérir l’investissement n’est pas que physique et psychologique, il est aussi financier. Les thérapies spécialisées coûtent souvent très cher, et la dépense n’est pas sans conséquences. Pour pouvoir s’en sortir certains se privent ou privent leurs parents, d’autres multiplient les emplois, font des crédits ou encore se mettent à découvert bancaire. Lorsque les séances n’ont pas d’effet direct sur les crises la facture paraît plus salée encore et il devient peu envisageable d’investir plus d’argent encore au travers d’un nouvel accompagnement.

 

Aucune thérapie ne peut convenir à tout le monde, aucun thérapeute non plus. Pour favoriser la réussite  voici quelques précieux conseils :

 - Choisissez votre thérapie. Elle doit être adaptée à vos difficultés et à vos objectifs. N’hésitez pas à questionner longuement le professionnel à qui vous vous adressez pour vérifier si son approche correspond bien à vos attentes. Si les thérapies que vous avez déjà essayées sont restées sans effets, d’autres pourront répondre à vos besoins.

 - Choisissez votre thérapeute. Choisissez de préférence un thérapeute compétent qui vous inspire confiance. Une personne auprès de qui vous sentez à l’aise et complètement libre de vous confier, sans craindre d’être jugé(e). Si un thérapeute ne vous a pas plu un autre pourra vous plaire.

-  Impliquez-vous.  

- Soyez sincère. Profitez des séances pour dire tout ce que vous avez sur le cœur, tout ce qui vous passe par la tête. Ne prétendez pas que tout va bien si ça n’est pas le cas. Privilégiez le « je n’ai pas envie de parler de ça » au mensonge.

- En dehors des séances, osez mettre en pratique ce que vous avez appris pendant les séances.

Présentez-vous à toutes les séances. La régularité des séances joue un rôle majeur dans la réussite. Préférez venir en disant « je n’ai pas envie de parler aujourd’hui » que de ne pas venir du tout.

Si quelque chose vous dérange pendant votre séance de thérapie parlez-en.  Vous avez peut-être déjà mis fin à un suivi parce que quelque chose vous a déstabilisé (une remarque, un regard, une impression), et que vous n’avez rien dit. Par peur que ça se reproduise vous avez choisi de ne pas venir aux rendez-vous suivants.

- Osez dire ce qui vous dérange ou vous blesse, cela vous permettra de poursuivre la thérapie dans de bonnes conditions  et de mettre toutes les chances de votre côté pour retrouver une vie normale.

 

Courage ! Comme j’aime le rappeler aux personnes que j’accompagne : L’échec n’existe pas, il n’existe que des individus qui n’ont pas encore eu la chance de trouver le bon suivi. Trouver la bonne combinaison moi-thérapie-thérapeute demande souvent de faire plusieurs essais, et même si les difficultés rencontrées peuvent être décourageantes le bien-être vaut la peine d’essayer encore et toujours. Le bonheur en vaut la peine !

  

Article écrit par Barbara Verhaeghe, Thérapeute TCA

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